« Je peux dire ce que je veux, je ne trouverai jamais pourquoi on écrit et comment on n'écrit
pas. »
Il arrive pourtant de savoir, juste là au fond de soi, pourquoi
cette profonde envie et comment il faut parfois poser les armes et céder à la tentation.
« Se trouver dans un trou, au fond d'un trou, dans une solitude quasi-totale et découvrir que
seule l'écriture vous sauvera. Etre sans sujet aucun de livre, sans aucune idée de livre c'est se trouver, se retrouver, devant un livre. Une immensité vide. Un livre éventuel. Devant rien.
Devant comme une écriture vivante et nue, comme terrible, terrible à surmonter. »
Ou se trouver sur un nuage, au fond du ciel au dessus de tout. Etre
submergée jusqu'à l'irréalisme par l'immensité d'un bonheur fou. Etre sans voix aucune, sans fil d'idées dans le désordre même des choses c'est se trouver devant ce livre. Une invitation
silencieuse. Un livre vierge de toute rature, de toute nature, de toute aventure. Une histoire à venir, ébauche d'une éternité. D'une soupirante écriture.
« Ça rend sauvage l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnaît
toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut écrire sans la force du corps. Il
faut être plus fort que ce que l'on écrit. »
Je n'y croyais pas jusqu'au moment où j'ai croisé la tienne comme
on se brûle sous une coulée inarrêtable inépuisable, avalanche insaisissable grave fresques et arabesques sur ma peau, comme une mine de crayon sauvage qu'on a longtemps emprisonné puis soudain
tombé les barrières elle vagabonde comme l'empreinte profonde d'un trait continu trainé sans lever la main sans se soucier des barrages des virgules de la ponctuation, douce douloureuse violente
et fougueuse contourne le sens des choses et va chercher les frissons, le bruissement des sens et l'immaculé vertige... loin dans les battements du cœur.
« Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait - on ne le sait qu'après -
avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser. »
Me voilà tentée de savoir... ce qu'on pourrait souffler à ces pages
vides toi et moi, si l'on décidait ainsi... d'écrire.
... <3
« Je peux dire ce que je veux, je ne trouverai jamais pourquoi on écrit et
comment on n'écrit pas. »
Pourtant, aujourd'hui, je peux m'expliquer tout cela..
Pourquoi cette plume me glisse-t-elle entre les doigts pour guider l'écriture des mots passionnés.. Comment effleure-t-elle le papier blanc de ma vie, redevenu vierge depuis qu'une source
d'inspiration éternelle s'écoule en moi.. Tout au fond de moi, en mon âme & conscience.
« Se trouver dans un trou, au fond d'un trou, dans une solitude quasi-totale et découvrir que seule
l'écriture vous sauvera. Etre sans sujet aucun de livre, sans aucune idée de livre c'est se trouver, se retrouver, devant un livre. Une immensité vide. Un livre éventuel. Devant rien. Devant
comme une écriture vivante et nue, comme terrible, terrible à surmonter. »
Ou se retrouver perdu dans l'espace, avec une vide & profonde impression de flottement.
Etre ravagé jusqu'à la perte de conscience par la virulence passionnée d'une écriture heureuse & céleste. N'agir qu'en fonction d'un rêve, qui engendre l'implosion des sens et ne nous fait
vivre que pour le réaliser. Amnésie de l'âme qui nous laisse juste un livre, une plume scintillante.. Devant notre être désemparé. Dans un silence absolu, découle un fleuve de sentiments qui se
jette tendrement au fin fond du tissu blanc, des pages qui se tournent continuellement. Sans pourquoi, sans comment, plus de question : juste un souffle, un soupir, une écriture rugissante de
sensualité.
« Ça rend sauvage l'écriture. On rejoint une sauvagerie d'avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c'est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la
peur de tout, distincte et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut écrire sans la force du corps. Il faut être plus fort que ce que l'on écrit. »
Je n'ai jamais ressenti tout ceci jusqu'à l'instant où tu es venue barrer ma route, tel un
ange qui me susurre sa douce voix à l'oreille, pour ériger un nouveau chemin. Une voie dans la forêt sauvage, forêt alors vierge de toute empreinte de cette passion qui m'enivre.. Une avenue
paradisiaque plus dévastée encore & encore à chacun de nos pas, transformée par une atmosphère volcanique, un air interdit de tango qui métamorphose ce monde en un autre, hors du temps &
de l'espace. Depuis, je me laisse bercer par une douce musique jouée en mon âme, qui me trouble & me fait planer. Ecrire est la chance qu'on m'a donné pour raconter ce parcours ensemble, pour
libérer les sentiments.. Et ce grâce à cette nouvelle plume que tu m'as offert, qui décrit les courbes de ta douceur.. Bercée par les battements du cœur.
« Ecrire c'est tenter de savoir ce qu'on écrirait si on écrivait - on ne le sait qu'après - avant, c'est la question la plus dangereuse que l'on puisse se poser.
»
Quelle jolie tentation... Bien évidemment réciproque & partagée.. Savoir ce que
rendrait l'écriture de nos deux âmes, empruntes sur le divin blanc des pages d'un nouveau roman : envie qui me hante depuis longtemps. J'accepte ce délicieux défi que tu me lance, toi & moi.
Qu'on nous laisse valser & succomber ensemble au doux plaisir... D'écrire.
[...] ... <3
Extraits : Marguerite Duras [Ecrire]
28.08.2008