Jeudi 3 janvier 2008
Sur la lisière nord d'OGameCity, dans la vallée longeant la Colline des Larmes, se dresse, majestueuse, la Forteresse Rouge, antre des FR, une perle d'architecture andalouse dont les sept tours embrassent les cieux.
En ce matin glacial et brumeux, elle semblait encore plus imposante sous les premiers rayons de soleil, comme une fresque d'une glorieuse époque, découpée dans un livre d'histoire et collé là, insolite, dans le décor.
A quelques mètres de là, non loin des douves serpentant à la ronde, se tenait une jeune femme aux allures de noblesse. Sa crinière brune frisée virevoltait avec la brise fraîche et ses traits, à la fois doux et fins, portaient une expression d'angoisse et d'appréhension.
Elle ajustait nerveusement sa tenue d'argent aux reflets sablés et changeants et
préparait sa première phrase ; celle-ci se modifiait, à la rallonge et au raccourci à mesure qu'approchait l'heure de l'audience.
Debout, immobile là, elle attendait.
Les horloges tintèrent huit coups quand le pont-levis entièrement fait de bois massif émaillé d'or bleu et blanc et soutenu par d'immenses chaines épaisses, entama une lente descente dans un craquement assourdissant, ouvrant le chemin devant la paladine.
Celle-ci prit une profonde inspiration avant de s'avancer dans la longue et
interminable galerie menant à la salle du conseil. Ses pas silencieux, qu'elle voulait les plus assurés possibles, portaient malgré elle une légère hésitation. Il n'y avait personne pour
l'accueillir, cela ne l'étonnait pas, elle connaissait par coeur les coutûmes en ces lieux. Aussi, le chemin vers la salle des réunions lui était familier, pour avoir assisté aux consistoires
entre les dirigeants de son peuple et ceux des FR depuis qu'elle a arboré son armure de serviteur de l'Empereur.
Enfin arrivée, son anxiété à son comble, elle franchit le seuil et s'arrêta à une distance convenable de l'assemblée qui semblait l'attendre, s'inclina respectueusement et prononça enfin ses salutations :
- Bien le bonjour, souverain des FR, nobles
conseillers.
- Toujours aussi ponctuelle, FP, c'est une honorable
vertu.
Elle se redressa et attendit poliment qu'on lui permette de
prendre la parole.
- Nous savons pourquoi vous êtes ici, soldate. Votre déplorable offensive
sur le peuple et les biens de l'un des nôtres fut à l'origine d'une crise diplomatique entre nos deux peuples, pourtant amis. Nous vous écoutons, qu'avez-vous donc à dire pour votre défense
?
Elle trembla un peu, et fit un effort surhumain pour maîtriser ses émotions,
mélange de honte, de regrets et d'embarras.
- Chers maîtres, vous savez sans nul doute l'estime et le respect que je porte à votre honneur, et à
chacun des membres de ce fier conseil et de votre peuple. Cet assaut fut une outrance à notre alliance et je suis consciente que je mérite châtiment. Cependant, permettez-moi, pour ma défense,
de vous expliquer les malheureuses circonstances ayant conduit à ce drame.
Cette nuit là, l'un de mes recrues, échappé à ma surveillance, habituellement drastique, a commis l'impardonnable en omettant de vérifier les coordonnées et ainsi la planète cible lors de sa mission de pillage. Cet incompétent a évidemment été sévèrement sanctionné et renvoyé de l'armée de l'Empereur dans la honte et le mépris, nous laissant dans l'embarras d'une situation improbable et pour le moins critique.
Cette nuit là, l'un de mes recrues, échappé à ma surveillance, habituellement drastique, a commis l'impardonnable en omettant de vérifier les coordonnées et ainsi la planète cible lors de sa mission de pillage. Cet incompétent a évidemment été sévèrement sanctionné et renvoyé de l'armée de l'Empereur dans la honte et le mépris, nous laissant dans l'embarras d'une situation improbable et pour le moins critique.
Ceci n'est pas une excuse, j'en conviens, le manque de vigilence et de discrenement ne sont point dignes d'une guerrière, qui devait superviser elle-même ses opérations. Pour me repentir, je ne peux que vous présenter, au nom de mon Empereur et de tous mon peuple, mes plus sincères excuses et solliciter votre immense bienveillance pour pardonner cette imprudence.
Aussi, et comme convenu, de multiples cargaisons parviendront à la planète saccagée par notre seule faute, et apporteront aide et soins à votre peuple en détresse, et une armée d'ouvriers spécialement recrutés parmi les plus compétents, pour reconstruire les villes et les vaisseaux endommagés dans les plus brefs délais et avec le sérieux et l'application qu'il faut.
En espérant sincèrement obtenir votre miséricorde pour cet acte immonde et indigne, qui, soyez-en certains, ne se reproduira jamais, j'y veillerai personnellement désormais.
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