Vertige, le vide.. nausée
Sur le rivage des cœurs oubliés
Ce soir, je me suis échouée
Contre les roches dures et bleutées
D'un monde piégé dans l'éternité
Soupir, les points.. aligner
Dans la pâleur d'une aube lassée
Je me suis assise et j'ai tissé
Au sable noir des naufragés
Un tapis mouvant en guise de toile
Fil à l'endroit cavale et se pose
Fil à l'envers, les mailles reposent
Graines d'émotions, d'une âme blafarde
Les unes muettes, les autres bavardent
Les unes se laissent, les autres se voilent
Tissé de ciel, mais sans étoiles
Sourire, les traits.. marquer
Sur un tapis de vagues d'ébène
Au pinceau blanc, j'ai esquissé
Une toute petite barque en papier
Pour célébrer les noces du départ
Et embarquer un peu de peines
Par delà les hauts remparts
Sur le miroir des eaux salées
Jusqu'à ce qu'arrive l'hiver d'après
Brouillard, mirage, le flou..
Sur le quai des rêves dispersés
Je me suis assise et j'ai chanté
Le vent du nord dans mes cheveux
La sérénade d'un jour d'adieux,
Refrain à peine articulé
Les murs, échos.. passé
Dans la gare des illusions fanées
Je me suis trouvée et j'ai marché
Jusqu'au couloir du silence forcé
Longue et pénible fut la traversée..
Froid, le vent.. 'fait noir..
Au port des espoirs brûlés
Je me suis arrêtée et j'ai pleuré
Les départs, les adieux, les illusions
Et les restes de gréements usés
D'une toute petite barque en papier
Froissée par les vapeurs du temps
Dans un cocon de soie fragile
Je me suis cachée et j'ai écrit
Les mots qui ondulent et chavirent
A cheval entre la mort et la vie :
Vertige, pensées inondent
Vide flottant parmi les ondes
Nausée des peines profondes
Brouillard, mirage de soi
Echos des murs froids,
Passé, souffle le vent,
'fait noir toujours.. sans toi.
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J'ai rarement écrit pire, décousu et à un rythme aussi cassé..
La contrainte : Il fallait donc.. écrire l'amour pour ce poème.. sans conditions autres que celles de la prose poétique.